« Métamorphoses 1945-2025 » ou le nouveau visage du notariat

Ref : Defrénois 12 févr. 2026, n° DEF229y7, p. 5

Le 28 janvier 2026, le Conseil supérieur du notariat (CSN) a réuni 500 personnes à la Maison de l’Unesco.

En présence du ministre de la Justice Gérald Darmanin, un public composé de décideurs, de représentants des ordres professionnels, des élus nationaux et régionaux de toutes les organisations professionnelles du notariat et de journalistes a participé à l’événement « Métamorphoses 1945-2025 ».

L’objectif : tracer les transformations radicales ou silencieuses de la France que le notariat a accompagnées au fil de huit décennies au service des citoyens et de leurs projets, à l’occasion du 80e anniversaire des textes de 1945 qui ont redéfini son statut et son organisation.

Pour décrypter ces métamorphoses, Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’IFOP, Philippe Aghion, prix Nobel d’économie 2025, et Christel Heydemann, directrice générale d’Orange, étaient présents.

À leurs côtés, des notaires sont intervenus pour témoigner, au nom d’un notariat perpétuellement en recherche de solutions individuelles et collectives.

Si cet anniversaire a permis de constater tout le chemin parcouru, il a été aussi l’occasion pour Bertrand Savouré, président du CSN, d’exprimer ses vœux pour 2026, vers plus de sérénité, et de présenter « Le nouveau visage du notariat », résultat d’une enquête menée par le groupe IFOP en juin 2025 auprès de tous les notaires de France et des étudiants en notariat : un visage féminisé, rajeuni, en pleine métamorphose.

Après 15 ans de transformation profonde de la profession, accélérée depuis la loi Croissance, le CSN souhaitait en effet disposer d’une photographie actualisée à la fois de la démographie des notaires, de leur état d’esprit et de la manière dont ils se projettent dans l’avenir.

Aujourd’hui, la profession de notaire est plus diverse, plus jeune, plus ouverte. Elle attire par conviction, par passion du droit, par goût du service public. Le notaire d’aujourd’hui n’est plus nécessairement issu d’une lignée notariale : il choisit ce métier pour ce qu’il représente, ses valeurs, son utilité sociale, le contact avec le client.

Et comme le soulignait le garde des Sceaux Gérald Darmanin en s’adressant à l’assemblée : « Savoir changer sans que rien ne change, rester un repère, c’est peut-être cela la vraie métamorphose ».

La progression de la féminisation. Si la profession comptait encore moins de 13,5 % de femmes dans ses rangs en 1998, leur proportion a augmenté de manière continue (de 21 % en 2005 à 50 % en 2019). Cette importante féminisation, facilitée par une très forte croissance des nominations de notaires femmes ces dix dernières années (+ 192,7 %) – comparativement à celle des hommes notaires (+ 17 %) – a contribué à la parité, y compris parmi les notaires libéraux.

Le notariat n’est plus uniquement une affaire de famille. La découverte du métier de notaire peut s’avérer tardive et son accès résulte d’un cheminement progressif vers une profession souvent repérée lors des études de droit, par exemple à la faveur d’un stage. À peine un tiers des notaires interrogés et 42 % des notaires dont un parent ou un beau‑parent a travaillé dans le notariat avaient déjà envie d’exercer la profession de notaire au moment du baccalauréat.

Une raison d’être fédératrice. La notoriété de la raison d’être du notariat, formalisée par le CSN en 2021, est très élevée, chez les notaires comme chez les étudiants. Plus des deux tiers des notaires (69 %) indiquent même savoir précisément de quoi il s’agit.

Un statut d’officier public revendiqué. L’ensemble de la profession manifeste un fort attachement au statut d’officier public. Cette adhésion concerne tous les notaires et la quasi-totalité des étudiants (92 %). Plus de 90 % des notaires témoignent également de leur fierté d’appartenir à la profession, quelles que soient leurs modalités d’exercice ou leurs situations personnelles et professionnelles.

La double dimension juridique et humaine. Notaires et étudiants se perçoivent d’abord comme des juristes. Le fait d’exercer un métier en contact direct avec le public est également fréquemment mentionné par les notaires, et, plus encore, par les étudiants.

Le rôle social du notaire, juriste de proximité, est perçu comme encore plus central par les notaires exerçant en zone rurale.

Si le métier est valorisant et riche, il est cependant vécu comme très prenant, voire stressant.

La volonté de se développer. 73 % des notaires estiment bonne la situation actuelle de leur office. Deux types d’offices s’inscrivent dans une démarche de développement ou sont particulièrement concernés : les offices individuels de taille modeste et les grands offices. La localisation joue également.

L’engagement dans le numérique. La digitalisation et la transition numérique font réellement consensus en termes d’évolutions positives de la profession auprès des notaires comme des étudiants. La progression exponentielle du nombre d’actes authentiques électroniques déposés au MICEN montre l’intérêt de la profession pour la dématérialisation des actes. Fin mars 2025, le cap des 35 millions d’AAE a ainsi été franchi !

(Propos recueillis par Liliane Ricco)

Rédaction Lextenso

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