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Bilan et croissance démographique


2842  FAMILLE - PATRIMOINE 12|02|2019


Au 1er janvier 2019, la France compte près de 67 millions d’habitants. Au cours de l’année 2018, la population a augmenté de 0,30 %.

En 2018, la différence entre les nombres de naissances et de décès s’établit à + 144 000, atteignant le taux le plus bas depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Au 1er janvier 2018, la France représente 13 % de la population de l’Union européenne (UE). Elle est le deuxième pays le plus peuplé derrière l’Allemagne (82,9 millions d’habitants).

Une baisse des naissances. Avec 758 000 naissances en 2018, la France voit son taux chuter par rapport à 2017 (- 1,5 %).

Le nombre de naissances baisse chaque année depuis quatre ans (- 14 000 en 2017, - 15 000 en 2016 et – 20 000 en 2015).

1,87 enfant par femme en 2018. L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) baisse pour la quatrièmee année consécutive après être resté relativement stable entre 2006 et 2014. Il oscillait alors autour de 2 enfants par femme.

L’âge moyen à la maternité croît régulièrement : il atteint 30,6 ans en 2018, contre 29,8 ans dix ans plus tôt.

Les femmes les plus fécondes sont celles ayant entre 25 et 34 ans. Toutefois, le taux de fécondité des femmes de 25 à 29 ans baisse depuis les années 2000 et cette diminution s’accélère depuis 2015. En 2000, 100 femmes de ces âges donnaient naissance à 13,4 enfants ; elles n’en ont plus que 11 en 2018.

La baisse du taux de fécondité des femmes de 30 à 34 ans est plus récente. Leur taux passe de 13,3 enfants pour 100 femmes en 2010 à 12,7 en 2018. En 2016, la France est pourtant le pays de l’UE dont la fécondité est la plus élevée (ICF de 1,92). Depuis 2000 et jusqu’en 2015, l’Irlande et la France étaient chaque année les pays les plus féconds de l’UE. En 2016, la Suède (ICF de 1,85) dépasse l’Irlande (ICF de 1,81).

A contrario, les pays du sud de l’Europe sont moins féconds. Les six pays de l’UE à la fécondité la plus faible sont l’Italie (ICF de 1,34), l’Espagne (1,34), le Portugal (1,36), Chypre (1,37), Malte (1,37) et la Grèce (1,38).

Fortes du dynamisme de leur fécondité depuis une quinzaine d’années, l’Irlande et la France ont la proportion de jeunes de moins de 15 ans la plus élevée en 2017 (respectivement 21,1 % et 18,3 %), devant le Royaume-Uni et la Suède. En Allemagne et en Italie, cette proportion est inférieure à 13,5 %, alors qu’elle est de 15,6 % pour l’ensemble de l’UE.

Le nombre de décès est en hausse. En 2018, 614 000 personnes sont décédées en France, soit 8 000 de plus qu’en 2017.

Le nombre de décès a tendance à augmenter depuis le début des années 2010, du fait notamment de l’arrivée des générations nombreuses du baby-boom à des âges de forte mortalité.

Une espérance de vie en progression pour les hommes. En 2018, l’espérance de vie à la naissance est de 85,3 ans pour les femmes et de 79,4 ans pour les hommes. L’espérance de vie avait reculé en 2015 pour les femmes comme pour les hommes. Depuis, elle n’a jamais régressé pour les hommes et dépasse désormais le niveau de 2014 (79,2 ans) ; les hommes ont ainsi gagné 0,2 ans d’espérance de vie depuis 2014.

Ce n’est pas le cas pour les femmes, dont l’espérance de vie a reculé en 2017. En 2018, elles n’ont pas encore retrouvé l’espérance de vie à la naissance qu’elles avaient en 2014 (85,4 ans). Cependant, l’espérance de vie des femmes en France est l’une des plus élevées de l’UE. En 2016, seule l’Espagne (avec 86,3 ans) devance la France.

A contrario, la France n’arrive qu’en neuvième position pour l’espérance de vie à la naissance des hommes.

En France, l’écart d’espérance de vie entre femmes et hommes est de 5,9 ans en 2018. Il augmente légèrement par rapport à 2017 (5,8 ans) après plusieurs années de convergence. Il reste plus important que la moyenne des pays de l’UE, et le plus élevé parmi les pays de l’ouest de l’Europe. En 2016, cet écart s’élevait à 6 ans en France, alors qu’il était de 3,2 aux Pays-Bas, de 3,5 en Suède et de 3,6 ans au Royaume-Uni.

Au 1er janvier 2019, une personne sur cinq en France a 65 ans ou plus. Cette part augmente depuis plus de 30 ans. Ce phénomène s’observe aussi dans six pays de l’UE : l’Italie (22,3 %), la Grèce (21,5 %), l’Allemagne (21,2 %), le Portugal (21,1 %), la Finlande (20,9 %) et la Bulgarie (20,7 %).

Le nombre de mariages connaît une légère augmentation. En 2018, 235 000 mariages ont été célébrés, dont 229 000 entre personnes de sexe différent et 6 000 entre personnes de même sexe. La tendance observée depuis plusieurs années semble s’inverser : le nombre de mariages entre personnes de même sexe baisse en 2018, alors que le nombre de mariages de sexe différent remonte légèrement depuis deux ans.

Depuis plus de 20 ans, l’âge des mariés augmente chaque année pour les mariages entre personnes de sexe différent : en 2018, les femmes se marient en moyenne à 36 ans et les hommes à 38,4 ans.

En 2017, 194 000 pacs ont été conclus. Leur nombre augmente chaque année. En 2017, comme en 2016, les couples de même sexe choisissant de conclure un pacs sont aussi nombreux que ceux qui se marient.

L’accroissement démographique par région. Au 1ᵉʳ janvier 2016, 66 362 000 habitants vivent en France (hors Mayotte), soit une croissance de 0,4 % par an depuis 2011. L’accroissement démographique concerne toutes les régions, à l’exception de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Bourgogne-Franche-Comté.

Les fortes hausses de population bénéficient surtout aux départements des métropoles régionales de la façade atlantique, d’Occitanie et d’Auvergne-Rhône-Alpes.

Entre 2011 et 2016, la croissance démographique se renforce et atteint en moyenne 0,7 % par an pour les métropoles de province qui attirent toutes davantage de nouveaux habitants qu’entre 2006 et 2011. La population des métropoles de Montpellier, Bordeaux, Nantes, Rennes, Toulouse et Lyon croît ainsi chaque année de plus de 1 %.

À l’opposé, la population du Grand Paris augmente beaucoup moins vite que par le passé. Jusqu’alors soutenu par l’étalement urbain, le dynamisme démographique des communautés de communes est divisé par deux (+ 0,4 % par an) et se concentre désormais au plus près des métropoles.

Source : INSEE Première, Inf. rap. nos 1729 et 1730, 15 janv. 2019 ; INSEE Focus, Inf. rap. n° 138, 27 déc. 2018